Qui porte réellement la charge mentale… et à quel coût ? (partie 1)
- martinalaruelle
- Nov 14, 2025
- 3 min read
La charge mentale n’est pas un concept abstrait : c’est une réalité vécue par des millions de femmes. Et ce n’est pas une impression. Les études le confirment : les femmes portent l’essentiel de la charge cognitive et émotionnelle du foyer, même lorsqu’elles travaillent à temps plein.
Les femmes assurent (encore) la majorité des tâches invisibles
Plusieurs analyses récentes montrent un schéma clair :
elles planifient,
elles anticipent,
elles organisent,
elles gèrent les émotions du foyer,
et elles pensent… pour tout le monde.
Une revue systématique publiée en 2023 a passé au crible plusieurs dizaines d’études et conclut que les femmes réalisent la majorité du “travail mental” domestique, c’est-à-dire tout ce qui n’apparaît pas sur une liste de corvées, mais qui permet à la maison de tourner sans (trop) de chaos.Ce travail est invisible, mais épuisant.
Dans une autre étude, la chercheuse Allison Daminger a montré que ce n’est pas seulement la répartition des tâches qui est inégale : la charge cognitive (penser, planifier, coordonner) l’est tout autant. Elle explique que cette dimension “qui pense à quoi ?” est la plus sous-estimée… et la moins reconnue.
En clair : faire, c’est une chose. Penser pour tout le monde, c’en est une autre.
Pourquoi les femmes portent-elles davantage ?
La charge mentale féminine ne vient pas d’un manque d’organisation, mais de facteurs sociaux profonds :
l’éducation et les normes culturelles attribuent encore aux femmes la responsabilité du foyer ;
les femmes cumulent plus souvent plusieurs rôles (travail, maternité, gestion de la maison, charge émotionnelle du couple) ;
la pression implicite d’être “une bonne mère”, “une bonne pro”, “une bonne partenaire” pousse à anticiper sans cesse.
Et comme cette charge est invisible… elle passe souvent pour “normale”.
Les conséquences : un impact direct sur la santé
La charge mentale n’est pas qu’une “charge” : c’est un stress chronique.
Les recherches montrent une association claire entre charge cognitive domestique et :
épuisement émotionnel,
troubles du sommeil,
fatigue nerveuse,
irritabilité,
dépression ou anxiété,
manque de concentration au travail,
et une baisse globale du bien-être.
Certaines enquêtes françaises indiquent même qu’une large part des femmes ressentent un impact de la charge mentale sur leur vie professionnelle : moins de disponibilité mentale, plus de charge émotionnelle, plus de fatigue.
La charge mentale n’est pas un symptôme de faiblesse :c’est un signal.
Et dans le couple ?
Quand une seule personne pense pour deux (ou plus), cela crée :
un sentiment d’injustice,
des frustrations,
des tensions répétées,
et parfois, une impression de ne plus être dans un partenariat égalitaire.
Les études qui ont observé les couples notent que le problème n’est pas tant “qui fait quoi”, mais qui organise et pense à tout ce qui doit être fait.C’est cette dimension cognitive qui pèse le plus lourd , et qui est la moins partagée.
Alors… quel est le coût réel ?
Le coût de la charge mentale, c’est :
des corps qui s’épuisent,
des nuits qui se raccourcissent,
des émotions qui débordent,
des pensées qui tournent en boucle,
et des femmes qui se sentent “au bout”, sans toujours comprendre pourquoi.
La charge mentale n’est pas un manque de volonté ou de confiance en soi.C’est un excès de tâches invisibles, accumulées dans le silence.
Et c’est exactement pour cela qu’il est essentiel de rendre ce phénomène visible, de le comprendre, et d’apprendre à s’en alléger ,
concrètement.




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